samedi 31 octobre | 10:32

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le bentō..

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Septembre sonne la fin des vacances et le retour a l’école ou au travail. En France nous avons accès au cantines ou restaurants d’entreprises mais au Japon c’est différent et pourtant chacun peut déjeuner sur place des plats équilibrés et savoureux préparés avec soin et esthétique. Laissez moi vous raconter l’histoire du bentō.

bento by Kyalolu

On trouve trace des premiers bentō dès l’ère Kamakura (1185 à 1333). Au XIV siècle des boîtes en bois laqué, comme celles actuelles, sont produites et l’on mange des bentō en regardant les sakura en fleurs pendant le hanami ou encore pendant la cérémonie du thé. La culture du bentō se développe et devient plus raffinée pendant l’époque Edo (1603 à 1867) : on l’associe alors au hanami, à Hina matsuri (fête des filles) et aux sorties en bateau.
Au XIXe siècle, on mange un bentō durant les entractes des représentations de kabuki. Le premier ekiben  (bentō de gare ) apparaît pendant l’ère Meiji de 1868 à 1912 pour restaurer les voyageurs dans leur wagon. C’est aussi a cette époque que le bentō apparait dans les écoles et entreprise ne fournissant pas de repas.

Repas japonais traditionnel au XIXe siècle

Au début du XXe siècle le bentō devient involontairement un objet de classification sociale. A cause de l’explosion des exportations pendant la Première Guerre mondiale et de mauvaises récoltes dans la région de Tohoku, on cherche à abolir l’usage du bento dans les écoles. En effet, les bentō montrent trop souvent, de par leurs aliments, le milieu social de l’élève. De nombreuses personnes s’interrogent sur l’influence psychologique et physique, en raison du manque d’équilibre des bentō . Ainsi, après la seconde Guerre mondiale, ils sont petit à petit remplacés à l’école par des cantines.
Mais dans les années 1980, avec l’apparition du four micro-onde, la prolifération des supérettes et l’arrivée du plastique permettant la fabrication de boites moins couteuses c’est le grand retour du bentō.
Enveloppés dans un furoshiki les bentō sont également utilisés comme des paniers repas, lors de sorties avec la famille ou à l’école. Ces carrés de tissus savamment noués servent à la fois de sac et de dessous de plat

bento by Kyalolu

Présenté dans une boîte compartimentée, fermée, pratique à transporter , le bentō traditionnel est un repas individuel complet, prêt à consommer, cela exige que tout soit coupé pour être mangé facilement avec les doigts ou des baguettes. Composé de diverses préparations cuisinées de la cuisine japonaise : environ 40 % de riz, 30 % de protéines animales, 20 % de légumes frais et 10 % de légumes macérés (tsukemono) ou de fruits. La coutume veut qu’un bentō bien équilibré contienne un peu de mer et un peu de terre. C’est le secret de  l’équilibre diététique et l’harmonie des saveurs d’un bentō.

On trouve des bentō vendus partout au Japon (dans les supermarchés ou les konbini, à bord des trains, dans les restaurants), mais la tradition familiale japonaise veut que l’épouse ou la mère prépare avec soin pour son époux et ses enfants le bento de midi avec les restes du diner de la veille. Les enfants d’école maternelle n’ont pas de cantine et apportent chaque jour leur repas. Dans ce cas, le bentō est souvent agrémenté de décorations en forme de personnages kawaii ( mignons )appelés charaben (ou kyaraben), diminutif de la transcription phonétique de l’anglais character (« personnage ») et du japonais bentō.

bento by Kyalolu

On trouve entre autres de nombreux accessoires spécialisés tels que des moules à œufs permettant de représenter facilement de petits animaux, des emporte-pièces pour dessiner un visage ou des pics décorés pour agrémenter l’ensemble. Là encore cela donne naissance à des compétitions entre mamans et ce n’est pas toujours très positif quant a l’évolution sociale de l’enfant.
Pourtant le charaben a su donné naissance à un mouvement artistique international ou de véritables orfèvres de la nourriture créent d’incroyables œuvres d’arts comestibles rendus célèbres grâce aux réseaux sociaux notamment.

by Kyalolu

Mais l’élément le plus important c’est quand même le contenant. Sans boite, pas de support et donc plus d’intérêt à transporter son repas. C’est le bentō bako : boîte à bentō et il en existe plusieurs types :

  • les coffrets traditionnels en bois laqué (restaurants ou traiteurs de luxe livrant à domicile)
  • en céramique (pour les collectionneurs) ou leurs imitations  en résine synthétique, réutilisables (restaurants modernes) ;
  • les boîtes hermétiques en plastique dur ou en aluminium (écoliers, travailleurs, pique-nique familial)
  • les barquettes à usage unique, en plastique très fin que l’on trouve en supermarchés, dans les bentō-ya (marchands spécialisés en bentō), kiosques des gares, konbini, etc.

bento de supermarché à Tokyo

Quoiqu’il en soit, traditionnel ou moderne, familiale ou commercial la présentation reste toujours très soignée. C’est un régal pour les yeux autant que pour les papilles.

En France ou la tendance se tourne de plus en plus vers le “fait maison” et dans un soucis économique ou diététique, le bentō devient de plus en plus présent sur nos lieux de travail et des marques françaises se sont même lancées dans la fabrication de ces boites si pratiques.

by Kyalolu

A propos de l'auteur

Hello, je suis Kyalolu: rédactrice cuisine japonaise. Tombée dans la culture japonaise quand j’étais petite, je partage avec vous ma passion pour ce beau pays au travers de sa gastronomie. Itadakimasu! ^_^

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