Il aura fallu attendre 30 ans pour revoir des sumos à Paris ! Grâce au promoteur Davis Rothschild et AEG Presents France, l’Accor Arena de Bercy a accueilli les 13 et 14 Juin dernier un tournoi exceptionnel rassemblant les rikishi de la division Makuuchi. Plus qu’une simple compétition, le public a pu découvrir les traditions séculaires de ce sport sacré.

Sumo : retour aux origines
Le sumo tel que nous le connaissons remonte à la fin du 16e siècle. Des lutteurs s’affrontent sur le dohyô, un ring en argile surélevé et béni par un prêtre shintoïste. Le premier à être éjecté ou dont une partie du corps autre que la plante des pieds touche le sol est déclaré perdant. L’association japonaise de sumo recense à ce jour 82 techniques officielles permettant de remporter la victoire. La dimension religieuse est omniprésente de part ses nombreux rituels avant et après les combats. Parmi ces rituels, le kiyome no shio consiste à lancer une poignée de sel sur le dohyô afin de le purifier et chasser les mauvais esprits.
La hiérarchie chez les rikishi (nom donné aux sumos et signifiant littéralement « homme fort« ) est très stricte. Ils s’entraînent durement dès l’aube dans la salle aménagée de leur heya. On parle également d' »écurie ». En plus de s’y entraîner, les sumos y mangent et y vivent en communauté. Seuls les lutteurs de rang élevé peuvent vivre en dehors et fonder leur propre famille. Ceux moins bien classés doivent assister les champions et passer après eux, qu’importe leur âge ou leur ancienneté. Le classement prime sur toute autre chose.
Les rikishi sont classés en 6 divisions : Jonokuchi, Jonidan, Sandanme, Makushita, Jûryô et Makuuchi. Cette dernière, qui regroupe les meilleurs lutteurs, est elle-même divisée en 5 grades : Maegashira, Komusubi, Sekiwake, Ôzeki et enfin Yokozuna. Il s’agit de la plus haute distinction dans le sumo, et les prétendant au titre doivent répondre à des critères bien précis. Les principaux tournois appelés Honbasho ont lieu 6 fois par an, tous les mois impairs. On peut y assister à Tokyo, Osaka, Nagoya et Fukuoka. Les places peuvent être difficiles à obtenir, mais heureusement pour les fans les matchs sont retransmis à la télévision. Un tournoi dure 15 jours, et les sumos s’y affrontent selon leur division. La première division Makuuchi s’affronte en dernier. Le rikishi ayant remporté le plus de combats gagne le trophée.
Du sumo en France
La France accueille pour la première fois des sumos en 1986, sur invitation de Jacques Chirac. En effet, l’ancien président n’a jamais caché sa passion pour ce sport ! Il renouvellera l’invitation en 1995, renforçant ainsi l’amitié franco-japonaise. 31 ans plus tard, David Rothschild et l’association japonaise de sumo font revivre cet événement exceptionnel à l’Accor Arena de Bercy. La France compte également son premier club de sumo amateur depuis 2009. Ses membres ont même été mis à l’honneur lors d’une exposition de photographies de Daniel Dorko au concept store HIS.
Tournoi de sumo – Samedi
Je suis assidument les tournois sur la chaîne NHK World TV depuis plusieurs années, mais j’ai échoué à plusieurs reprises pour obtenir des places pour y assister au Japon. J’étais donc toute excitée de me rendre à l’Accor Arena de Bercy, et je me suis mise sur mon 31 pour l’événement. J’ai même customisé mon propre uchiwa pour soutenir mon rikishi favori : Wakatakakage.


Des journalistes étaient postés à l’entrée du bâtiment pour interviewer les visiteurs. J’étais loin d’être la seule passionnée de sumo, car beaucoup de personnes brandissaient des banderoles et scandaient le nom de leur lutteur préféré. J’ai moi-même été interviewée par deux journalistes, intrigués par mon uchiwa.

Avant de pouvoir entrer dans la salle, nous avons fait un saut sur le stand de Mori Farm en compagnie de David de HIS. Nous y avons dégusté du bœuf wagyû de Kagoshima qui était préparé de différentes façons. Les bénévoles du stand étaient très sympathiques, et les cuisiniers ont même remarqué le nom inscrit sur mon uchiwa ! C’était vraiment agréable d’avoir de type d’interaction avant d’assister à l’événement.


Au centre de la salle se tenait le fameux dohyô, entouré par les makura (coussins) réservés. Un écran géant était installé au-dessus du yakata. Toute la dimension sacrée du sumo était préservée.
L’événement débute par la cérémonie d’ouverture. Les rikishi en tenue formelle et les arbitres se rassemblent sur le dohyô pour l’hymne national français, puis japonais. S’en suivent les discours de bienvenue, puis tout le monde repart en coulisses pour les premières démonstrations.

Nous assistons d’abord au sumo jinku, un chant traditionnel a capela dont le rythme est donné par le clappement des mains des sumos. Difficile d’imaginer ces hommes imposants chanter d’une voix si claire et mélodieuse ! Cela a été un de mes moments préférés de la rencontre.

Ensuite, deux lutteurs accompagnés d’un arbitre se sont prêtés au jeu du shokkiri. Il s’agit d’une démonstration humoristique visant à expliquer les règles des combats en mettant l’accent sur les coups interdits. Des éclats de rire s’élevaient partout dans la salle. Le public était conquis.




Puis, des enfants ont affronté les sekitori. Le plus jeune n’évait que 3 ans, et on comprend qu’il ait été impressionné par ces colosses ! Les enfants se faisaient malmener au début, mais finissaient toujours par remporter leur match sous les acclamations du public. C’est une tradition que l’on retrouve également lors des tournois au Japon.

On retrouve une ambiance plus solennelle avec l’arrivée du Yokozuna Hôshôryû pour le tsunashime. C’est une cérémonie traditionnelle où ses assistants nouent une lourde ceinture sacrée autour de sa taille. Tous portaient des gants blancs afin de ne pas la souiller car celle-ci est toujours neuve.








Enfin, les rikishi font officiellement leur entrée sur le dohyô. Les combattants du côté ouest, puis du côté est sont présentés un par un, vêtus d’un keshô mawashi. Il s’agit d’un tablier brodé aux couleurs d’une association, d’une entreprise ou encore d’une collectivité qui les sponsorise. Certains sont même franchement mignons, comme celui arborant une broderie de la mascotte Peko chan.








Après l’entracte, les combats ont commencé. Pendant que les lutteurs exécutaient les rituels, le public pouvait voir leur portrait sur l’écran géant. Ainsi, les néophytes pouvaient apprendre leur nom, leur grade, leur technique favorite,… Quant aux connaisseurs, ils criaient le nom de leur rikishi favori pour l’encourager. Des groupes de fans étaient même éparpillés dans le public. Evidemment, j’ai donné de la voix lors des apparitions de Wakatakakage !
Les combats s’enchaînent, plus impressionnants les uns que les autres. Le premier impact donne le ton. Les colosses se jettent l’un sur l’autre avec puissance. Mais quand les forces s’équilibrent, il faut ruser pour faire chuter l’adversaire. De belles techniques ont été réalisées comme celle d’Aonishiki (un sumo d’origine ukrainienne et très apprécié) contre Ura. Le public n’hésitait pas à s’exprimer, et rendait l’atmosphère conviviale. Même les perdants étaient acclamés lorsqu’ils rejoignaient les coulisses. Hélas Wakatakakage est éliminé au troisième round, et les Yokozuna Hôshôryû et Ônosato sont aussi mis hors course. C’est l’ozeki Kotozakura qui remporte la première journée de tournoi. La journée s’achève sur le yumitori shiki, une cérémonie de clôture durant laquelle le Yokozuna manie un arc avec beaucoup d’agilité. Le public crie « yoisho ! » en signe d’encouragement.






Ainsi s’achève cet événement duquel je repars les étoiles plein les yeux, et un souvenir impérissable. Je ne remercierai jamais assez Davis et HIS de m’avoir offert cette opportunité. Prochaine étape : pouvoir assister de nouveau à une journée de tournoi, mais au Japon cette fois !
HIS Paris – 2 rue du Renard 75004 Paris
« HIS est un acteur majeur du tourisme international spécialisé dans les voyages au Japon. Fondé en 1980 à Tokyo par Hideo Sawada, HIS est aujourd’hui présent dans environ 60 pays avec une activité étendue dans les domaines du voyage, du conseil, de l’innovation, de l’hospitalité et du loisir à grande échelle. HIS a ouvert son premier concept store à Paris, à deux pas de l’Hôtel de Ville.
Cette nouvelle adresse imaginée par le designer Goliath Dyèvre propose une (re)découverte du Japon à travers ses régions.
La sélection présente des produits gourmets, des raretés culinaires en provenance des meilleurs producteurs régionaux, mais aussi des objets du quotidien, de la calligraphie, des beaux livres, des pépites artisanales. »







