L’affaire Midori
0
«Le tout petit corps reposait taillé en six dans des glacières pleines de litière.»
Titre : L’affaire Midori
Auteur : Karyn Nishimura
Genre : Tranche de vie, Critique
Éditeur : Editions Picquier
Nombres de pages : 180 Pages
Prix : 17€
Date de sortie : Février 2024 (Grand format) / Avril 2026 (Poche)
Résumé :
Presque tout est vrai dans ce roman percutant, bouleversant.
Midori est une jeune femme dévastée par le tsunami de 2011 et la catastrophe de Fukushima. Midori a tué ses enfants. Comment la société japonaise va-t-elle appréhender les raisons et décider la sanction d’une mère infanticide, dans un pays où la peine capitale existe et où elle est toujours appliquée ?
Une journaliste française en poste au Japon va se poser ces questions. Elle va suivre pas à pas l’enquête et le procès, se passionner pour l’histoire de Midori, reconstituer minutieusement son parcours erratique. Et ce cheminement vers la compréhension va l’amener à remettre en cause les fondements mêmes de son métier.
Ce roman porte un regard critique sur la société japonaise, ses défaillances et ses silences face à la détresse des plus démunis. Il combine la rigueur d’une enquête journalistique à la compassion et l’émotion d’une femme qui essaie de comprendre une autre femme qui a été amenée à commettre un acte terrible.
Chronique de Lalaa
Ce roman est avant tout un condensé d'histoires et personnages réels, assemblés dans une fiction, afin de «se décharger» suite aux non-dits de la catastrophe naturelle de Fukushima en 2011.
A travers ce roman percutant, nous suivons la vie de Midori, à travers les yeux d'une journaliste française
Midori est une jeune femme victime de cette catastrophe.
Tout comme sa famille, elle a dû quitter cette région dans laquelle elle a grandi et où elle avait construit sa vie
Rapidement, elle se retrouve au cœur de l'actualité après que le corps de sa fille, soit retrouvé, découpé, dans des glacières remplies de litière.
«Le tout petit corps reposait taillé en six dans des glacières pleines de litière.»
Cette première ligne du roman donne le ton : ce sera intense
Ce qui ressort le plus de ce roman, c'est l'expérience de l'autrice, perceptible tout au long du récit.
L'intensité des affaires qu'elle a suivies et qui donne naissance à ce roman.
Le fait qu'elle ne pouvait pas parler à son entourage de ces tabous, comme la peine de mort, qui n'existe plus dans son pays, la France, mais aussi le stress lié à la rapidité de l'information.
«L'information, il faut bien que ça prenne forme, comme son nom l'indique étymologiquement, et ça ne peut pas se faire instantanément.
L'information, vous le savez, c'est un recueil de renseignements, c'est une enquête, c'est un ensemble de connaissances sur quelque chose et ça PREND DU TEMPS, ça ne souffre pas l'immédiateté, le là, tout de suite, maintenant, non, ça ne peut pas être le présent, le temps de l'information.»
Alors que tout autour d'elle mettait en avant le dégâts matériels ou encore le nombre de personnes décédées, la société taisait la détresse psychologique que chacun a pu subir, de différentes façons.
L'autrice le met en avant à travers ce roman, en abordant ces sujets tabous dont la société ne veut pas parler et qui impactent pourtant les personnes sur la durée.
Un roman percutant, nécessaire et profondément humain, qui mérite l'intérêt de tous.