Le 8 octobre, j’ai assisté à l’avant-première du premier épisode de Cyberpunk: Edgerunners 2 au Grand Rex, sur invitation de CD PROJEKT RED, pour Japan Glossy.La soirée a également été l’occasion d’assister à un échange avec Masahiko Ōtsuka, du studio Trigger, ainsi qu’à un passage sur scène des comédiens du doublage français.
Cyberpunk, du jeu de rôle à l’animation
La licence Cyberpunk est née sous la forme d’un jeu de rôle sur table, créé par Mike Pondsmith et publié en 1988 par R. Talsorian Games. Elle s’inscrit dans le genre de science-fiction du même nom, où les avancées technologiques côtoient de profondes inégalités sociales. Dans cet univers, les grandes entreprises exercent un pouvoir considérable et les implants cybernétiques permettent de modifier le corps humain.
L’un de ses lieux emblématiques est Night City, une métropole où richesse, violence et lutte pour la survie se côtoient. Derrière les néons et les prouesses technologiques, ses habitants tentent de trouver leur place dans une société particulièrement brutale.
L’univers connaît une nouvelle dimension avec Cyberpunk 2077, jeu vidéo développé par le studio polonais CD PROJEKT RED et sorti en 2020. Le joueur y incarne V, un mercenaire dont l’apparence et certains éléments du parcours peuvent être personnalisés. À travers ses missions, le jeu permet d’explorer Night City, ses différents quartiers, ses gangs et ses puissantes corporations, dans un monde où les améliorations cybernétiques font partie du quotidien.
En 2022, cet univers arrive sur Netflix avec Cyberpunk: Edgerunners. Créée par CD PROJEKT RED en collaboration avec le studio japonais Trigger, la série d’animation ne reprend pas directement l’histoire du jeu vidéo : elle se déroule dans le même univers et dans la même ville, mais suit ses propres personnages. Elle raconte le parcours de David Martinez, un jeune homme qui rejoint un groupe de mercenaires hors-la-loi appelés « edgerunners ».
Cyberpunk: Edgerunners 2 poursuit cette approche en proposant à son tour une nouvelle histoire et de nouveaux personnages au cœur de Night City. La réalisation est confiée à Kai Ikarashi, tandis qu’Ichigo Kanno signe la conception des personnages.
Deuxième bande-annonce officielle de Cyberpunk: Edgerunners 2 — CD PROJEKT RED.
Un premier épisode à l’atmosphère sombre
Cette projection était pour moi l’occasion de découvrir l’univers de Cyberpunk à travers le premier épisode de cette deuxième saison. J’ai apprécié cette entrée en matière, particulièrement pour le côté sombre de son univers, qui m’a le plus marquée.
Des visions à concilier autour des personnages

Masahiko Ōtsuka, président et cofondateur du studio Trigger, lors de l’échange au Grand Rex.
Interrogé sur les attentes entourant ce deuxième volet, Masahiko Ōtsuka reconnaît une certaine pression liée au succès de la première série. Il souligne toutefois l’énergie apportée par une équipe plus jeune et les nouvelles idées qui nourrissent le projet.
Son travail sur le scénario a notamment consisté à concilier deux visions très différentes des personnages. Il décrit cette recherche d’un terrain d’entente entre les intentions créatives comme l’un des aspects intéressants de son rôle.
Ōtsuka rappelle également qu’un personnage évolue entre son écriture et son apparition à l’écran. Plusieurs métiers interviennent pendant la production, chacun apportant sa sensibilité. L’animation reste une œuvre collective, dans laquelle les personnages se construisent au-delà du seul travail du scénariste.
Lorsqu’on lui demande de choisir son personnage préféré, la réponse est moins évidente. À force de travailler sur eux, ils deviennent un peu comme une famille. Il évoque néanmoins une affinité particulière avec Roman, un jeune cinéphile avec lequel il partage un même intérêt pour le cinéma, sans pour autant le considérer comme un double de lui-même.

Roman : Roman, l’un des nouveaux personnages de Cyberpunk: Edgerunners 2. © CD PROJEKT RED
Night City, bien plus qu’un décor
La rencontre a aussi mis en lumière l’importance de Night City, qu’Ōtsuka présente presque comme un personnage à part entière. Un soin particulier a été apporté à sa représentation, afin de donner à la ville toute sa place dans le récit.
Elle constitue le lien entre le jeu vidéo et cette nouvelle histoire, dont l’intrigue suit son propre chemin. Des échanges réguliers avec CD PROJEKT RED ont accompagné la création pour préserver la cohérence de l’univers et éviter les contradictions.

Night City : Night City, décor central de Cyberpunk: Edgerunners 2. © CD PROJEKT RED
Les divisions sociales ont également été abordées à travers Talia, qui a grandi dans les milieux privilégiés des corporations. L’une des intentions de l’équipe était de montrer que le malheur peut toucher n’importe qui, indépendamment de sa position sociale. Son destin a suscité de nombreuses discussions pendant la conception, mais Ōtsuka s’est gardé d’en révéler l’issue.

Talia : Talia, l’une des nouvelles figures de Cyberpunk: Edgerunners 2. © CD PROJEKT RED
Cette réflexion fait écho à ce qui m’a marquée pendant la projection : la noirceur de cet univers et les épreuves auxquelles ses personnages sont confrontés.
Une énergie appelée à grandir
Parmi les aspects du projet qui l’ont enthousiasmé, Ōtsuka retient le plaisir d’avoir vu Kai Ikarashi et Ichigo Kanno développer leurs idées et leurs talents au fil de la production. Il souligne leur dynamisme et annonce une énergie qui ira crescendo au cours des épisodes.
Pour expliquer l’approche de cette nouvelle saison, il compare Night City à Tokyo : une même ville peut accueillir de nombreuses fictions, avec des personnages et des trajectoires différentes. Le cadre reste commun, mais chaque histoire permet de l’explorer autrement.
Cette soirée au Grand Rex m’a permis de découvrir le début de cette deuxième saison et d’en apprendre davantage sur sa création. Je retiens surtout l’atmosphère sombre du premier épisode, ainsi que les éclairages de Masahiko Ōtsuka sur le travail collectif derrière cette nouvelle histoire.
Quand découvrir Cyberpunk: Edgerunners 2 ?
Cyberpunk: Edgerunners 2 sera disponible le 20 octobre 2026 sur Netflix. Cette nouvelle histoire indépendante comptera dix épisodes.
Côté musique, « 10:15 Saturday Night » de The Cure accompagnera le générique d’ouverture, tandis que « Watson » de Petite Meller habillera le générique de fin.
Merci à CD PROJEKT RED et à Panini Manga pour cette invitation et cette belle soirée.
