Tokyo Babylon – Tome 1
0
Titre : Tokyo Babylon – Tome 1
Auteur : CLAMP
Date de parution (FR) : 1999 (édition originale Pika) / rééditions ultérieures
Éditeur : Pika Édition
Type : Shōjo
Genres : Fantastique, drame, psychologie
Nombre de volumes : 7 (série terminée) – 3 (nouvelle édition)
Résumé : Tokyo Babylon – Tome 1
Subaru Sumeragi est l’héritier d’un puissant clan d’onmyōji, chargé de protéger Tokyo contre les forces occultes. Malgré son jeune âge, il doit affronter les rancunes, les esprits et les blessures invisibles qui hantent la ville. D’une nature douce et profondément empathique, Subaru souffre à chaque mission des drames humains qu’il découvre.
Il est accompagné de sa sœur jumelle Hokuto, vive et exubérante, ainsi que de Seishirō Sakurazuka, un vétérinaire aussi séduisant qu’énigmatique. Ensemble, ils sillonnent Tokyo, là où le surnaturel se mêle aux douleurs bien réelles des habitants.
L’auteur
CLAMP est un collectif de mangakas japonaises fondé à la fin des années 1980. Le groupe est composé de quatre autrices aux talents complémentaires. Elles sont notamment connues pour Card Captor Sakura, X, Chobits, xxxHolic ou encore Tsubasa Reservoir Chronicle.
Avec Tokyo Babylon, CLAMP signe l’une de ses œuvres les plus sombres et les plus introspectives, marquant un tournant dans le manga shōjo des années 1990 en y introduisant une dimension sociale et psychologique rarement exploitée à l’époque.
L'avis de Sidial
Dans ce Tome 1 de Tokyo Babylon, on découvre un Tokyo bien différent de celui que l’on fantasme habituellement. Ici, la ville n’est pas lumineuse ni rassurante : elle est lourde, oppressante, traversée par les souffrances de ceux qu’on ne voit pas. Subaru, jeune exorciste au cœur trop tendre, devient le témoin de ces blessures humaines déguisées en phénomènes surnaturels.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la sensibilité du personnage principal. Subaru n’a rien du héros invincible. Chaque mission l’affecte profondément, comme si chaque détresse rencontrée venait grignoter un peu plus son équilibre. On ressent chez lui une forme de fragilité presque douloureuse, qui contraste avec la dureté du monde qu’il affronte.
Hokuto apporte une touche de légèreté bienvenue. Exubérante, brillante, protectrice, elle agit comme un rempart émotionnel autour de son frère. Quant à Seishirō, il intrigue immédiatement. Calme, souriant, toujours en retrait, il dégage quelque chose de dérangeant, une distance froide qui tranche avec la chaleur de Subaru. Leur relation, encore subtile dans ce premier tome, installe une tension silencieuse qui donne envie de poursuivre la lecture.
Graphiquement, le trait de CLAMP est déjà reconnaissable : fin, élégant, presque fragile. Les décors urbains renforcent l’impression d’isolement, tandis que les silences et les regards comptent autant que les dialogues. Certaines scènes frappent par leur sobriété, laissant au lecteur le temps de ressentir plutôt que de consommer l’action.
Ce premier tome ne cherche pas à séduire par des rebondissements spectaculaires. Il installe une ambiance, une mélancolie, une réflexion sur la souffrance humaine. Chaque “enquête” est avant tout une histoire de solitude, de rejet ou de désespoir. Le fantastique n’est qu’un prisme pour parler de nous.
Tokyo Babylon n’est pas un manga facile, ni réconfortant. Mais il est profondément touchant. Il s’adresse à celles et ceux qui aiment les récits introspectifs, les personnages sensibles et les œuvres qui laissent une trace durable. Un shōjo atypique, sombre et précieux, qui mérite largement d’être redécouvert.
-
Intrigue8
-
Personnages8
-
Graphismes9
-
Qualité du livre7