vendredi 4 septembre

Japan Expo 2026 : Daisuke Igarashi se confie sur les inspirations de Kamakura Bakeneko Club

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Lors de Japan Expo 2026, nous avons assisté à la conférence de presse de Daisuke Igarashi. L’auteur de Kamakura Bakeneko Club y est revenu sur les inspirations qui nourrissent son œuvre. Entre folklore japonais, nature omniprésente et frontière ténue entre le réel et le fantastique, le mangaka a livré une réflexion passionnante sur son processus créatif et sa manière de regarder le monde.

Pourquoi avoir choisi les bakeneko, ces célèbres chats surnaturels du folklore japonais ?

Pour Daisuke Igarashi, la réponse est presque évidente. Les chats occupent une place unique dans notre quotidien : ils vivent aux côtés des humains tout en conservant une part de mystère et d’instinct sauvage.

« Contrairement aux chiens, les chats ont conservé une part de sauvagerie. Ils vivent avec les humains tout en ayant leur propre manière de voir le monde. »

Cette dualité est devenue le point de départ de Kamakura Bakeneko Club. L’auteur explique également que Kamakura, ville où il réside, s’est imposée naturellement comme décor de son histoire. Son passé, ses montagnes, la mer et son atmosphère particulière en font un lieu idéal pour accueillir ces créatures issues du folklore.

Une frontière floue entre réalité et fantastique

Au fil de la conférence, une idée revient constamment : pour Daisuke Igarashi, la frontière entre le réel et le surnaturel n’est jamais clairement définie.

L’auteur raconte qu’il lui suffit parfois d’entendre un bruit dans les herbes en rentrant chez lui pour que son imagination construise immédiatement une histoire.

« Il suffit parfois d’un détail insignifiant pour que mon imagination commence à raconter une histoire. »

Cette vision imprègne naturellement ses mangas, où le fantastique surgit sans rupture brutale, comme une continuité du monde réel.

Selon lui, chacun perçoit également le monde différemment.

« Plutôt que de parler d’une frontière entre le réel et le surnaturel, je parlerais plutôt d’un dégradé. »

Une réflexion qui résume parfaitement toute son approche artistique.

La nature comme véritable source d’inspiration

Diplômé d’une école d’art avant de devenir mangaka, Daisuke Igarashi confie avoir toujours été fasciné par la pluie, le vent, les saisons ou encore les paysages.

À ses yeux, une seule image ne suffisait pas à retranscrire ces sensations.

C’est cette frustration qui l’a conduit vers le manga, lui permettant de raconter ces émotions grâce à une succession d’images.

L’auteur compare également cette expérience à sa récente visite de l’exposition Van Gogh à l’Atelier des Lumières à Paris.

Entouré par les projections, il a retrouvé une sensation proche de celle qu’il éprouve lorsqu’il observe la nature.

En regardant des oiseaux voler, il imagine spontanément le paysage vu à travers leurs yeux, comme s’il s’envolait lui-même avec eux.

Dessiner sans tout expliquer

À plusieurs reprises, Daisuke Igarashi insiste sur l’importance de laisser une place au lecteur.

S’il veille à ce que le découpage de ses planches reste parfaitement compréhensible, il refuse que ses œuvres n’offrent qu’une seule lecture.

« Je préfère que mes mangas poussent les lecteurs à réfléchir plutôt que de leur apporter toutes les réponses. »

Une philosophie qui explique également pourquoi ses récits utilisent souvent peu de texte et accordent une place importante aux silences et aux images.

Le dessin traditionnel avant tout

Alors que de nombreux mangakas travaillent désormais sur tablette, Daisuke Igarashi reste fidèle au papier.

Selon lui, cette méthode impose des limites qui stimulent sa créativité.

Il raconte notamment avoir abandonné la peinture à l’huile, qui lui permettait de corriger indéfiniment ses œuvres.

À l’inverse, le dessin traditionnel l’oblige à accepter le moment où une illustration est terminée.

Pour lui, ces contraintes font pleinement partie de l’acte de création.

Une œuvre qui parle aussi de la mort

L’un des moments les plus marquants de la conférence intervient lorsqu’il révèle qu’au-delà des chats et du folklore, Kamakura Bakeneko Club aborde également un thème beaucoup plus discret.

« Je réfléchis beaucoup à ce qu’est réellement la mort. Où se situe la frontière entre la vie et la mort ? Est-elle aussi nette qu’on le pense ? »

Cette réflexion traverse toute son œuvre, même si elle reste volontairement en arrière-plan.

Pour Daisuke Igarashi, les disparitions mystérieuses des chats deviennent finalement un prétexte pour interroger le lien entre les êtres humains, la nature et le cycle de la vie.

Une enfance marquée par la peur… devenue fascination

L’auteur est également revenu sur son intérêt pour le folklore japonais.

Enfant, il avoue avoir eu très peur de l’obscurité et des yōkai.

Pourtant, cette peur s’est progressivement transformée en curiosité.

À force de lectures et de recherches, il a découvert les nombreuses légendes japonaises, qui continuent aujourd’hui d’inspirer son travail.

Il évoque également un matsuri traditionnel, auquel il a assisté il y a plusieurs années, comme l’une des expériences les plus marquantes de sa vie artistique.

Les chants, les images et la spiritualité ressentis lors de cette cérémonie nourrissent encore aujourd’hui son imaginaire.

Une vision du monde profondément poétique

Au-delà de la promotion de Kamakura Bakeneko Club, cette conférence a surtout permis de mieux comprendre la manière dont Daisuke Igarashi construit ses œuvres. Chez lui, le fantastique ne naît jamais d’un événement spectaculaire : il surgit d’un bruissement dans les herbes, d’un paysage enneigé ou simplement du regard d’un chat. Une approche sensible et contemplative qui continue de faire de son œuvre l’une des plus singulières du manga contemporain.

➡️ Pour en savoir plus sur Kamakura Bakeneko Club, découvrez notre chronique complète du tome 1.

Hello je suis passionnée par la culture japonaise, en particulier les mangas, avec une préférence pour les shojos. J'aime découvrir et partager différentes facettes du Japon, que ce soit à travers la culture, les arts ou les tendances actuelles.

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