Histoire du style Gyaru de 1980 à nos jours

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Au Japon, la mode vas à une vitesse telle qu’il est très difficile d’en cerner toutes les facettes. Gyaru, ganguro, yamamba, kuro gyaru, on s’y perd un peu dans tout ces termes qui ont pour base une seule et même mode. Essayons d’y voir un peu plus claire en décortiquant le style gyaru.

Le terme gyaru (ギャル) désigne  une mode vestimentaire japonaise, née à la fin des années 1980.

Alors que Shibuya est en train de devenir la destination préférée des jeunes de Tokyo, les étudiants des collèges et lycées d’élites capitalisent sur la popularité du quartier et lancent des soirées dans les clubs de Shibuya.

Ces organisateurs d’événements qui portent alors le nom de chiimaa, finir par ne plus aller étudier. Ils passent leurs nuits en boites et leurs journées à traîner dans les rues de Shibuya entourés de femmes. Ils deviennent des délinquants et commencent à se disputer des territoires. La police devient de plus en plus répressive, les soirées commencent à avoir mauvaise réputation, c’est ainsi que dans les années 1990 le mouvement des chiimaa finit par s’éteindre.

Mais les jeunes femmes qui gravitaient autour des chiimaa subsistent. Elles aiment faire la fête et adorent dépenser leur argent à tout vas. Elles ont les cheveux légèrement décoloré, le teint halé et des accessoires de mode de luxes. On les appelle les paragyaru (パラギャル), Para pour “paradise” car ces jeunes femmes font tout pour ressembler aux jeunes surfeuses de Los Angeles, villes qu’elles disent paradisiaque. Ce sont ces paragyaru qui influencèrent le style des gyaru.

On dit même que les premières kogyaru sont de jeunes paragyaru.

On appelle kogyaru (コギャル) ces jeunes filles de 16 ans qui déambulent dans les rues de Tokyo en tenue d’écolière retouchée, au teint halé et aux cheveux décolorés. La mode est alors aux jupes très courtes et aux loose socks. Il faut savoir que les kogyaru sont des jeunes filles de milieux aisés qui ne voient pas l’intérêt de se décarcasser dans leur étude alors qu’elles ont un avenir assuré. Le terme kogyaru n’est pas un terme utilisé par les japonaises pour décrire leur style, il a été inventé par les videurs de boite de nuit pour désigner les jeunes filles mineures qui tentaient de se faufiler en douce en soirée.

A l’époque, cette mode est surtout un moyen utilisé par les adolescentes pour exprimer une forme de rébellion contre un système trop structuré et dans lequel elles n’arrivent pas à trouver leur place.

Avec la naissance des kogyaru, apparaît un autre phénomène, celui du enjo kosai. Il s’agit du terme utilisé pour parler de la prostitution des jeunes étudiantes. Plus les magazines exposent ce phénomène et plus celui-ci prend de l’ampleur. Ce qui au départ ne concerne qu’une petite portion de filles, finit par en toucher un plus grand nombre. Il est dit dans les magazines que les kogyaru vendent leur charme pour s’acheter des vêtements et accessoires de luxes mais avec les années, il a été prouvé que les kogyaru avaient facilement des rapports sexuels avec leur petit ami mais qu’elles n’’exerçaient pas la pratique du enjo kosai. Cela concernait plutôt les jeunes étudiantes solitaires.

Les kogyaru doivent faire face aux stéréotypes et sont constamment obligées de repousser les demandes d’hommes bien  plus âgés qu’elles dans la rue. Ces faits rendent les jeunes filles bourrues.

Alors que le pays découvre peu à peu les kogyaru, les jeunes filles passent leur temps à faire les boutiques dans les quartiers de Shibuya et plus particulièrement dans le magasin Me Jane qui se trouve dans les étages d’un petit bâtiment appelé le Shibuya 109. Ouvert dans les années 1979, le bâtiment ne devient populaire que dans les années 1995. Le propriétaire des lieux, Tokyu, cherche à donner du renouveau au lieu en proposant à certaines marques appréciées par les kogyaru de s’y installer. C’est ainsi que le 109 devint la  Mecque du shopping que nous connaissons aujourd’hui.

Les marques s’emparent du phénomène, qui s’ouvre a une plus grande population. Les kogyaru quittent leur tenue d’écolière pour créer une nouvelle mode faite de chaussures à plateformes, de minijupes et de t-shirts courts. Nous entrons dans l’aire des gyaru (ギャル) !

Mais les marques ne sont pas les seules à participer à l’évolution de cette mode. Des chanteuses de J-pop surfent sur le mouvement en adoptant le même style que les gyaru. La premier à se lancer est Namie Amuro. Venant d’Okinawa, elle a le teint naturellement mate et se décolore les cheveux. Les gyaru copient le style vestimentaire de leurs idoles. La mode est aux bottes à plateformes et aux vêtements colorés.

C’est à cette période que les purikura font leur entrée dans la culture gyaru et deviennent omniprésent au Japon.

L’apogée du style gyaru a lieu durant l’année 1996 ou le phénomène concerne quasiment 1 adolescente sur 3 dans Tokyo.

Bizarrement, avant cette période, aucun magazine n’est dédié au style gyaru. C’est en avril 1997 que le magazine Egg, normalement dédié à une population masculine, décide de faire de sa revue un magazine pour gyaru.

Alors que les rues de Shibuya, d’Harajuku et d’Ikebukuro grouillent de gyaru, on commence très clairement à distinguer 2 branches de gyaru.

L’une d’elle prend ses racines dans la mode des paragyaru et donc des kogyaru, avec un style féminin et sexy. Elles s’habillent de vêtements de grandes marques plutôt coûteux et malgré leur caractère bourru, elles savent se tenir en société.

L’autre branche est une adaptation du style gyaru par les yankii. La peau se fait plus mate, les cheveux beaucoup plus décolorés et les vêtements sont de moins grandes marques. Les filles portent des vêtements beaucoup plus extravagant, le maquillage est vulgarisé et les lentilles se font de couleurs beaucoup moins naturels. Ces gyaru-yankii décident de lancer leur propre style, celui des ganguro (ガングロ). En parallèle, elles influencent une mode destinée aux hommes qui récupère les codes des ganguro : il s’agit du style gyaru-o (ギャル男).

Puis en 1999, une nouvelle sous-catégorie émerge, celles des yamamba (ヤマンバ). Elles ont le teint tellement noir qu’elles sont obligées d’utiliser du maquillage blanc pour que celui-ci puisse se voir. Elles utilisent aussi des faux cils, des strasses, des autocollants et beaucoup de couleurs pour attirer les regards. Leurs cheveux sont ébouriffés, cendrés ou colorés de rose, de bleu, de vert, de violet ou de jaune. Leur style vestimentaire n’a plus rien de raffiné.

Pour la société c’est le choc mais c’est tout à fait ce que recherchent les yamamba, c’est à dire se démarquer des autres gyaru et se faire remarquer par les médias. Mais le style est très mal accueilli et très rapidement toutes les catégories de la mode des gyaru qui s’essoufflent.

De moins en moins nombreuses, les gyaru se réadaptent dans un style plus classique. Fini la peau mate et les décolorations extrêmes. Le teint devient naturel, le maquillage léger et les cheveux châtains, blonds ou cendrés mais surtout bien coiffés. La tenue vestimentaire se fait moins provocante, plus classique mais toujours très féminine.

En 2011,  le style gyaru refait parler de lui. Dans les rues de Shibuya, on voit arriver de plus en plus de gyaru faisant du shopping avec leur enfant, chose qu’on ne voyait pas auparavant. Les magazines les ont surnommé gyaru mama (ギャルママ).

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Aujourd’hui la mode gyaru est considéré comme un style à part entier au même titre que le style gothique ou le style punk.

En France et partout dans le monde, des filles adhèrent au mouvement gyaru, on les appelle les gaijin gyaru (外国人ギャル).

Grace à l’intérêt de ganjin-gyaru pour les modes gyaru et ganguro, un gals circle est en train de revenir sur le devant de la scène au Japon, il s’agit des Black Diamond. Les Black Diamond sont des kuronba gyaru (黒肌 ギャル), un nouveau style à mi-chemin entre le style ganguro et yamamba.

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Comme vous l’aurez compris voilà plus de 25 ans que la mode gyaru perdure sous des styles différents. Bien que moins nombreuses aujourd’hui, les gyaru tentent encore de promouvoir leur style en participant à des rencontres et en communiquant sur les réseaux sociaux. Et vous, que pensez-vous du style gyaru ? Laissez-nous un petit commentaire !

Sources : neojaponisme.comtokyofashion.com
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Sidial

Un peu folle sur les bords, je suis fan de shojo manga et de tout ce qui est kawaii. Mes mascottes préférés sont Funassyi et Kumamon. J'adore manger et dormir !

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